La caravane des possibles, avancement du projet

Janvier 2017

Une réponse au besoin d’ici et à l’envie d’ailleurs des jeunes du Pays d’Apt

Lorsque, en 2014, la Fondation des Trois cyprès commence à réfléchir à l’élargissement de son objet, elle ne soupçonne pas que deux années plus tard, une caravane, La caravane des possibles, installée sur l’espace public à Apt, sera la première concrétisation de cet élargissement.

Oui, il aura fallu deux ans pour que les Trois cyprès et la Fondation de France, très intéressée par la démarche, suggèrent un axe, en soumettent la pertinence à des personnes engagées dans la vie culturelle, sociale et sportive locale, en précisent avec elles les modalités de mise en oeuvre et enfin, que des acteurs locaux s’en emparent, collectivement, pour le concrétiser dans un projet pour la réalisation duquel ils solliciteront un soutien financier des Trois cyprès et de la Fondation de France.

Le nouvel axe ? Les jeunes et leur Besoin d’ici, envie d’ailleurs ! Convaincues que, en donnant la possibilité d’enrichir leur capital social, culturel et symbolique à des jeunes qui, par choix, par crainte ou par ignorance, n’accèdent pas, ou de façon très limitée, aux ressources que leur offre leur environnement, on contribue au développement de leur autonomie et de leur capacité d’initiative et on leur donne l’envie d’ailleurs, les Trois cyprès et la Fondation de France ont choisi de soutenir des projets qui, en amont de leur insertion professionnelle,

  • ouvrent les jeunes à de nouvelles pratiques sociales, culturelles, sportives….
  • sont fondés sur la découverte et la reconnaissance de la différence, de l’autre, de l’ailleurs….
  • conjuguent des objectifs de construction personnelle et de socialisation,
  • supposent une co-construction avec les jeunes et activent leur créativité.

Les acteurs ?

La Maison Bonhomme, le Vélo-Théâtre, la MJC, le Festival des cinémas d’Afrique, Apt School Boxing, ANPEP, le centre social Lou Pasquié à Roussillon, le Goût de lire en pays d’Apt. Ces huit acteurs constituent un collectif de fait.

Le projet ?

permettre à des jeunes de 11 à 18 ans, individuels ou en groupe, de mener à bien des initiatives variées en mettant à leur disposition les ressources qui leur sont nécessaires et en les accompagnant de façon individuelle.

Le financement ?

outre les financements initiaux des Trois cyprès et de la Fondation de France, le projet a suscité l’intérêt de la Caisse d’allocations familiales (CAF) de Vaucluse qui a financé à même hauteur que chacune des fondations, l’état a également financé et la Ville d’Apt a apporté son soutien logistique.

La Caravane des possibles ?

symbole du mouvement et du déplacement, la caravane est l’espace imaginé par le collectif pour accueillir les jeunes, recueillir leurs envies d’agir et les aider à les
traduire en projets réalisables.

Janvier 2017, où en est le projet ?

  • De mai à octobre 2016, 315 jeunes ont rencontré au moins un des treize membres du collectif au cours d’une des 54 permanences tenues dans la caravane, installée soit en bordure du jardin public d’Apt, soit au sein de la cité scolaire. Plus de collégiens que de lycéens.
  • Des envies, des besoins, des préoccupations très variés : depuis des thématiques générales comme la gentillesse, le civisme, la sécurité ou la violence, en passant par des demandes à caractère commercial (café Starbucks, boite de nuit…), jusqu’aux questions de mobilité, d’offre musicale, de diversification des activités sportives.
  • 4 projets en cours d’accompagnement :
    • deux jeunes de 17 et 18 ans, non scolarisés, veulent créer de la musique rai et se produire. L’un écrit l’autre chante. Grâce à l’accompagnement de la caravane, ils ont rencontré à Avignon un musicien rai professionnel, qui a reconnu la valeur de leur création et leur propose un travail en commun pour préparer un enregistrement en studio une participation à des concerts. En outre, le Vélo-Théâtre, Lou Pasquié, la Maison Bonhomme font chacun bénéficier ces jeunes de leurs ressources respectives.
    •  Un collégien de 12 ans, qui s’est déjà donné un nom de scène, souhaite s’initier au rap et organiser pour cela des stages d’écriture ouverts à tous. Contact a été pris par le collectif avec le Conservatoire de musique d’Apt qui souhaite créer un enseignement des musiques actuelles.
    • Deux jeunes adultes (21 et 23 ans) ont le projet d’organiser une convention Manga à Apt.
      Ces événements réunissent pendant 2 jours, généralement, les fans de manga et de culture japonaise moderne. Y sont proposées des projections, des jeux, des spectacles, des ateliers de costumes (cosplay). On y retrouve les professionnels (libraires, éditeurs et autres produits dérivés). Le collectif se propose de les accompagner dans leurs démarches auprès de la municipalité et des animateurs locaux.
    • Une dizaine de jeunes du quartier Cély se sont constitués en association pour la création de « Une place pour tous » dans le centre d’Apt. Une place qui soit un lieu de culture, d’échanges, de rencontres entre les habitants du quartier, jeunes, familles, personnes âgées. Le collectif les a accompagnés lors de leur entretien avec Mme le Maire d’Apt, leur a fait rencontrer un architecte afin d’affiner leur projet d’aménagement et continuera à les accompagner lors de leurs rencontres avec les services techniques. La difficulté consiste à s’assurer que le projet, même si la commune en assure la maîtrise d’ouvrage, demeure bien le projet des jeunes.

Le collectif compte maintenant sur le bouche à oreille entre jeunes pour que de nouvelles initiatives émergent et sollicitent leurs ressources.

L’originalité du projet ?

  • Il est le résultat d’une démarche collective, suscitée par les Trois cyprès et la Fondation de France, qui instaure un mode de collaboration nouveau, fondé sur la co-construction, entre des acteurs locaux. On peut raisonnablement penser que ce mode de travail générera de nouveaux projets.
  • La démarche consiste à partir des envies et des projets des jeunes et non à leur proposer une activité prévue au programme de telle ou telle structure. Elle est déroutante pour les jeunes, peu habitués à une telle confiance en leurs capacités d’initiative et d’autonomie de la part d’adultes. Elle l’est tout autant pour les membres du collectif, plus habitués à bâtir des programme d’activités a priori qu’à écouter et s’adapter aux envies et projets d’individus isolés ou en groupe.
  • L’accompagnement au cas par cas par le collectif est unique en son genre. Il est exigeant en temps et en disponibilité, il suppose subtilité et imagination dans la combinaison des ressources à mobiliser pour chaque projet, il demande à la fois rigueur et patience. En cela il est bien complémentaire du travail mené par les différentes structures publiques qui accueillent, accompagnent ou orientent les jeunes.

Autrement dit, ce n’est pas tant au nombre de projets accompagnés dans les prochains mois que l’on mesurera l’impact de notre action, mais aux nouvelles pratiques de travail développées par les acteurs locaux pour répondre aux besoins des jeunes qui ne fréquentent pas leurs structures, au regard portés par les adultes sur les jeunes et les jeunes sur eux-mêmes et sur leurs pairs d’ici et d’ailleurs.

Cela nous pourrons commencer à le mesurer lors de la phase de restitution des actions, initiatives œuvres ou objets réalisés. Celle-ci est prévue dans le projet et pourra prendre diverses formes selon les cas : productions, projections vidéo, journée « portes ouvertes », chroniques radio, articles de presse, festival……

Ne cédons pas à la tyrannie du résultat ni de l’urgence. Offrons aux acteurs locaux ce que seuls des financeurs privés peuvent offrir, le temps du changement. Changement des pratiques, changement du regard, changement des ambitions.

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