Interview de Rose Meunier

Comment en êtes-vous arrivés à vous intéresser plus particulièrement aux jeunes ?

« L’objet d’origine de la Fondation était le financement des projets d’investissement de structures d’accueil solidaire. Or, d’une part, nous étions de plus en plus fréquemment sollicités pour financer des projets d’autres natures, d’autre part le nombre de ces structures n’est pas indéfinie sur le territoire, et de ce fait les bénéficiaires potentiels de nos interventions étaient somme toute restreints.

Nous souhaitions élargir notre objet de façon à plus contribuer à préparer l’avenir du pays d’Apt. C’est comme ça que, après avoir longuement échangé avec plusieurs personnes qui connaissent bien le territoire, et en étroite collaboration avec la Fondation de France, nous avons choisi de soutenir des projets qui suscitent de nouvelles solidarités avec, entre et par les jeunes ».

Quels sont les problèmes propres aux jeunes du pays d’Apt ?

« L’enclavement géographique, les difficultés de transport, la faiblesse de l’offre de formation et de débouchés que connaît le territoire restreignent, plus qu’ailleurs, le champ des possibles lorsqu’il s’agit, pour nombre de jeunes, d’envisager leur avenir social et professionnel. Voilà pourquoi la Fondation des trois cyprès s’est donné pour nouvelle ambition de soutenir des projets qui donnent, le plus tôt possible, aux jeunes, l’envie et la possibilité de dépasser les frontières de leur quartier, de leur ville, de leur entre-soi, de découvrir « l’ailleurs » pour ensuite mieux choisir comment et où construire leur vie, ici ou ailleurs……. C’est la raison pour laquelle nous avons appelé ce projet Besoin d’ici, envie d’ailleurs.

Quand on parle « des jeunes », cela recouvre une grande diversité de situations. Votre projet concerne tous les jeunes ?

Les projets que nous soutiendrons s’adresseront en priorité aux jeunes qui n’ont pas la possibilité, ou spontanément l’envie, de profiter des ressources que leur offre le territoire pour sortir de l’entre-soi et aller à la rencontre de l’ailleurs, de l’inconnu. Autrement dit, ce n’est pas le public jeune traditionnel des structures et institutions, mais précisément celui qui ne profite pas de celles-ci, par refus, par méconnaissance ou par crainte.

Comment allez-vous faire concrètement ?

« Nous avons travaillé pendant près d’une année avec des acteurs du pays d’Apt, prêts à s’engager dans une démarche collective pour co-construire avec ces jeunes des projets qui contribuent à leur autonomie et à leur construction personnelle et leur socialisation.

C’est une vraie mutation pour ces acteurs, parce qu’il ne s’agit pas d’adapter leurs prestations ou leur offre à un nouveau public, mais bien de mettre leurs ressources à la disposition des jeunes pour qu’ils en fassent, grâce à un accompagnement adapté, leur miel, en quelque sorte…..L’objectif c’est de mettre les jeunes en capacité de faire des choix, prendre des initiatives.

Nous attendons impatiemment qu’ils nous sollicitent pour financer leurs premiers projets.

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